3 - Mon travail à St Laurent du Maroni

Publié le par Claire Leroux

 Leroux en Guyane - Lettre 2° semaine
 
 
 
Lundi 01 octobre
 
Les nuits sont de plus en plus calmes, nous ne sommes quasiment plus gênés par les chiens. Peut-être nous habituons nous, à moins qu’ils gueulent effectivement moins ? 7H, nous n’avons qu’un moyen de transport donc je conduis Dominique à l’Hôpital. Je passe par le cabinet de Kinésithérapie où je vais travailler demain pour me familiariser avec les appareils, l'ordinateur et la méthode de travail de Jean Luc et Laure…Je reviendrai le chercher à midi, idem cette après midi (13h30 – 17h). Fini, les siestes.
Ma journée passe très vite en paperasses, taches ménagères et coups de fil.
 
Mardi 2 octobre
C’est maintenant à moi de découvrir le monde du travail en Guyane. Je me retrouve avec une journée de 10h à faire, 25 patients, tous inconnus, certains ne parlant que très peu le français, des noirs, des amérindiens, des créoles, des laotiens, des chinois, des haïtiens, des « métro » et « résidents » (blancs)… Ce n’est pas le créole qu’il va me falloir apprendre car eux, ils parlent français, c’est le langage du fleuve : le « Taki-taki ».
Les formalités administratives sont très différentes de la métropole, les caisses d’assurés locaux n’ont pas le même nom. Ils sont à la CMU pour 90% d’entre eux, on fait tous leurs papiers. Les blancs sont les seuls à payer et ils le font en liquide donc je n’aurai pas besoin d’ouvrir un compte ici : bonne nouvelle ! L’ordinateur est très poussif mais le logiciel très intuitif, ça ne va donc pas trop mal.
Le cabinet n’est pas climatisé. Il fait 33, 34°, 70% d’hygrométrie. Il y a des ventilateurs partout mais je crève de chaud et transpire à grosses gouttes toute la journée. Dominique, lui, est au frais dans son réduit, pardon : bureau climatisé ! Trois douches par jour sont nécessaires pour être bien. Mais c’est particulier au mois d’octobre . Normalement, le mois prochain, les températures baisseront avec l’arrivée de la saison des pluies. Tous les Guyanais ont aussi très chaud et attendent avec impatience le mois de novembre. Par contre, avant 10h et après 17h, c’est le Paradis ! Surtout sous les ventilos du séjour ou de la terrasse, c’est vraiment super !
……………………………………………………………………………….Et bien ma foi, je m’en suis bien sortie !
Mais c’est sûr, je ne travaillerai pas à ce rythme tous les jours, ah ça NON ! Je me suis fixée 5 demi-journées avec eux par semaine. Je verrai ce que je ferai de mes autres demi-journées plus tard. Je voudrais faire de la piscine, aller à la bibliothèque, pratiquer une activité déconventionnée, prendre des cours de langue « Taki taki », et…aussi, ne rien faire parfois...
En fait, eux, ils n’ont vraiment le temps de ne rien faire. Ils viennent aussi au cabinet le samedi matin faire les paperasses.
J’ai trouvé cette première journée de collaboration très, très agréable, très sympathique, très enrichissante sur tous les plans. Chaque personne est une nouvelle expérience.
Par contre, dodo à 21h, épuisée. Ça tombe bien, Dominique aussi.
 
Mercredi 3 octobre
Courses et cuisine le matin et re-boulot l’après midi jusqu’à 19h. Dominique prépare le dîner.
 
Jeudi 4 octobre
Nouvelle grosse journée pour moi. Mais j’ai déjà presque l’impression de travailler là depuis longtemps. Le rythme des séances n’est pas celui que j’aime mais je m’adapte très bien et d’accord avec Jean Luc, dès que j’aurai mes propres patients, je ferai comme je voudrai. St Laurent est une petite ville. Beaucoup de gens sont déjà au courant de notre arrivée, de notre situation, du fait que l’on a acheté une maison. D’ailleurs, contrairement à ce que je craignais, cela est très bien perçu car cela montre que l’on est décidé à rester et à « vivre » ici en s’investissant dans la ville. Tout le monde connaît cette maison car les précédents propriétaires recevaient apparemment beaucoup. Et tout le monde nous assurent que nous avions bien fait d’acheter plutôt que de louer, vu le montant des loyers et le marché de l'immobilier en Guyane.
Je rencontre beaucoup de monde et certaines personnes passent même au cabinet pour faire ma connaissance. De son côté, c’est un peu pareil pour Dominique mais il faudrait qu’il vous en parle lui-même…
Ce soir, Il m’a préparé un gratin d’aubergine…Hummm, un délice, suivi d’un ananas-bouteille extra sucré, délicieux.
 
Vendredi 6 octobre 2006
Enfin, un petit moment pour écrire et re-tester ma ligne Internet…ça ne marche toujours pas. D’une part, mon ordi montre de plus en plus de signes de faiblesse, 2°, ma Livebox fait des siennes et en plus, ici, en Guyane, la connexion Internet est plus que fantaisiste, alors, avec tout ça !!! Ça a pourtant marché 2mns tout à l’heure mais je devais conduire Do au boulot. Cela fait partie de mon apprentissage de la patience…
 
Samedi 7 octobre 2006
Hier soir, la température n’a pas baissé en dessous de 30°. La clim est alors très appréciable. C’est comme le chauffage pour la métropole, en fait.
     Voici notre marché de ce matin.

 On ne connaît encore pas tout mais on aime le risque…
Ananas, bananes = bacoves, mandarines, oranges, avocats, concombres,  coriandre = persil chinois, poisson et poulet boucané, chips de bananes, de manioc, pâte de cacahuètes, poisson = acoupa, fleurs tropicales…
Ce midi, nous allons chez « M.... », un médecin de SLM, chercher un canoë pour demain. A 17h, je vais chercher mon nouvel Ordi, chouette !
A demain, au retour de notre ballade…
 
Dimanche 08 octobre 2006
Premier réveil à 1h30 par l'onduleur de mon ordinateur. Le jeune homme qui était venu m'installer tout ça à la maison hier m'avait conseillé d'éteindre mon installation le soir mais l'onduleur n'était pas assez chargé !
Puis réveil à 4h pour prendre un petit déj., remettre le canoë sur le toit de la Kangoo (nous l'avions enlevé hier soir à cause du vol) et il est très lourd ! Remplissage de notre "touc" (bidon plastique étanche) avec notre picnique, la caméra, les jumelles et, préparation de nos papiers, de mon appareil photo, de mouchoirs...dans une pochette étanche plus petite (merci Fabienne),que l'on met dans notre sac à dos.
A 5h, Jean Luc et Laure nous retrouvent et on fait une heure de route vers Mana puis Iracoubo pour s'arrêter près d'un petit pont. Ce sera notre point de départ dans la crique Iracompapi.
 
Nous pagayons pendant 3h, tranquillement en s'arrêtant parfois pour savourer les bruits de la forêt (oiseaux, écureuils, insectes, cigales...), et en même temps le calme du lieu, prendre des photos, filmer.
Nous nous faufilons entre les branches, sortant parfois du canoë pour monter en équilibre précaire sur un tronc d'arbre tombé en travers de la crique pour faire passer le canoë par dessus. L'eau est un miroir extraordinaire, un régal pour les yeux. Nous ne sommes pas trop incommodés par les moustiques: nous nous étions protégés avant de partir et nous avions même, comme recommandé par tous les gens d'ici, imbibé nos vètements de répulsif.
Nous avons trouvé une charogne d'Anaconda. Impressionnant! Donc, il y en a bien quelques uns, ainsi que des caïmans pour les tuer !
 
Malgré cela, Jean Luc, qui aime beaucoup se baigner dans les criques nous y encourage vivement malgré la couleur de l'eau et ma foi, ce n'est pas désagréable du tout mais ilfaut des chaussures.    on ne reste pas longtemps du tout ! On ne sait jamais. Si notre Anaconda avait un petit frère survivant dans le coin ...!
Nous nous arrêtons vers 10h casser la croûte, assis sur des troncs d'arbre tombés dans la crique: Ti Punch (à toute heure mais raisonnablement!), paté, sandwichs jambon, salami, gateaux, fruits (carambole que Dominique aime beaucoup).
Au retour, nous passons par les rizières de Mana pour voir les envolées d'aigrettes "neige". Puis nous rapportons nôtre canoë à "M...", passons dire bonjour à Nelly, la femme de Jean Luc et raccompagnons Laure chez elle, enfin, chez son copain créole, père de 7 enfants de trois femmes différentes, à la réputation de "tireur fou" mais très gentil ! ( C'est toute une histoire!!)
Il est 17h quand nous rentrons chez nous épuisés. Déjà, sur le chemin du retour, on s'endormait tous. Nous nous coucherons à 20h30 et dormirons jusqu'à 6h!
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