2 - 2° semaine Guyanaise

Publié le par Claire Leroux

Lundi 25 septembre 2006 :
 
Réveil vers 5h à cause des chiens et en particulier du chien de notre plus proche voisin. Jasmina nous conseille d’aller les voir et de faire venir la police si ils ne font pas quelque chose après notre arrivée car ils ont empoisonné leurs nuits, à eux ! Ça ne commence pas très bien de ce coté là. On en a parlé avec notre autre nouveau voisin (il est arrivé il y a quinze jours de Kourou) qui trouve que tous ces aboiements sécurisent le quartier. Après tout, c’est peut-être vrai . Il va nous falloir faire abstraction de ça.
Aujourd’hui, nous commençons les démarches d’installation : Recherche de voiture, premiers achats indispensables, épicerie de base…
La voiture élue est une Kangoo, haute sur patte vu l’état de certaine rues, logeable en cas de besoin, peu recherchée par les voleurs (ce qui n’est pas le cas des 4X4), elle sera grise. Nous pourrons rendre notre voiture de location jeudi comme prévu. Heureusement que SLM est une petite ville (16 000 habitants environ) car nous n’arrêtons pas de la faire de long en large et dans tous les sens pour chercher ce qui nous faut. En fait, il y a plein de commerces, très modestes et très basiques ( vêtements, épiceries, bazars chinois, + 3 librairies papeteries, 2 boulangeries, 1 boucherie) mais en plus, il faut les trouver car ils n’ont pas de vitrines et pas toujours d’enseignes. Il faut flâner, regarder, rentrer, fouiller…
Nous finissons notre journée au bar « Le Toucan », où nous retrouvons des futurs collègues à Dominique.
A 21h30, nous tombons de sommeil……………….
 
Mardi et Mercredi :
Le chien nous autorise à dormir jusqu’à 6H. Ici, c’est très raisonnable.
Nous continuons nos démarches…au rythme de la Guyane. En tout cas, les gens sont très sympa et même si il y a beaucoup d’attente, de papiers manquants, de coupure d’Internet (je suis allée 4 fois voir la même personne pour me faire inscrire à la DSDS = DASS en métropole) l’accueil est toujours charmant et ils n’hésitent pas à nous rappeler si besoin. Donc, ça y est, on a des téléphones portables, on va avoir notre ligne fixe. Nous sommes assurés pour la voiture, pour la maison… La sécu doit m’envoyer les papiers pour que je puisse travailler. Le Conseil de l’Ordre va m’envoyer le montant de ma cotisation… de ce côté là, ce sera toujours assez tôt !
J’ai rencontré mes deux collègues ; Jean Luc  et Laure. Ils m’accueillent à bras ouverts car il y a beaucoup trop de travail pour eux. Nous nous mettons d’accord sur les modalités de notre collaboration et je commence mardi prochain…je ne serais pas restée très longtemps au chômage ! Ils ont l’air très sympathiques. J’irai dès lundi pour me familiariser avec le cabinet, le logiciel de gestion qui est différent de celui que j’utilisais à Vannes, et les pathologies des patients. De toute façon, Dominique aura commencé lui aussi son boulot à l’hôpital.
Encore quelques courses l’après midi : pistolet d’alarme, quelques ustensiles de cuisine (Jasmina n’était visiblement pas une cuisinière acharnée), oreillers…impossible de trouver de protège matelas, ça n’existe pas ici.
 
Jeudi 28 septembre :
 
8h ; il ne faut pas traîner, nous devons aller à la poste centrale pour demander la distribution de notre courrier, pour s’inquiéter de notre transfert qui ne semble pas avoir été effectué car nous n’avons encore rien reçu de métropole depuis le 16 septembre, date de notre transfert (« Oh, madame, mais cela est tout à fait normal, inquiétez vous à partir de novembre !!! J’espère que nous n’ avons rien d’urgent…). 8H 30 à 10H, nous devons aller à la « deuxième » poste pour y retirer une lettre recommandée de l’agence immobilière. Et avant midi, à la boutique Orange pour l’ADSL après avoir été à France Télécom pour récupérer notre n° de téléphone… Ah, il nous faut aussi aller rendre la voiture de location, acheter une boite aux lettre normalisée et ce qui faut pour la fixer….etc …etc….
Au milieu de tout cela, j’entreprend d’arroser les nombreuses suspensions de plantes qui se trouvent sous la terrasse et là…surprise, un serpent n’apprécie pas la douche et se dresse immobile, les yeux fixés sur moi. Le temps que j’aille chercher l’appareil photo et il s’est recaché. Dommage ! Mais j’ai réussi à l’immortaliser cette après midi lors d’une de ses petites sorties. J’espère qu’il ne sortira pas de son pot car je n’aimerais pas du tout le retrouver en ouvrant un placard ou sous mon lit. On va se renseigner pour savoir comment s’en débarrasser…
Vers 4H, nous avons eu notre baptême Guyanais : un orage carabiné, des trombes d’eau, la terrasse en partie inondée à cause du vent…c’est impressionnant mais le soleil est revenu deux heures après. La température est passé de 33° à 26° puis est remontée à 28° juste après. L’hygrométrie ; de 55 à 85 puis de nouveau 55, 60. Les jeunes dansaient sous la pluie, visiblement, cela ne dérange pas grand monde. On s’abrite ou on prend la douche et on sèche ensuite très vite…cela ne doit quand même pas être sympa quand cela dure plusieurs jours de rang en saison des pluies. J’ai trempé l’intérieur de la voiture rien qu’en y  montant et en descendant.
Il est 19H30, je vais aider Dominique à prépare le dîner : poisson, riz, mandarines et petites bananes délicieuses. On va se coucher tôt car nous partons demain matin vers 6H pour Cayenne pour y acheter des trucs que l’on ne trouve pas ici : 3H pour y aller, 3H pour revenir !
Ce midi, mes collègues nous ont invités à allez avec eux dimanche faire du canoë dans une « crique » (= rivière) à une heure d’ici. C’est vachement sympa de leur part. Nous partirons à 5H du matin…Et oui, ce n’est pas le même rythme qu’en Bretagne !
A demain.
 
Vendredi 29 septembre :
Encore des réveils dans la nuit à cause des chiens…il va vraiment falloir s’y faire…et aussi à la « clim », située juste dans l’axe de nos têtes et nous ne pouvons changer le lit de place, ce qui fait que au bout de quelques heures, j’ai froid et la gorge desséchée et si j’éteins, Dominique a trop chaud car en ce moment, la température ne descend que jusqu’à 25,26° la nuit et à cause de la clim, tout est fermé. Du coup, quand on se lève, il fait plus frais dans le reste de la maison, ouvert sur l’extérieur. Il va falloir aviser !!!
Donc, premier grand déplacement avec notre Kangoo. Ma foi, elle trotte très bien. Nous étions les seuls sur la route jusqu’à Kourou et les gendarmes n’avaient pas l’air non plus d’être réveillés donc, on a pu filer à 130km/h et ma foi, elle roule bien.
Nous revenons de Cayenne, la « Titine » chargée à bloc : robot, centrifugeuse (indispensable ici, vu les nombreux fruits disponibles), bureau, car en ce moment, j’écris sur le lit de la pièce climatisée en permanence (nous n’allumons la clim de notre chambre que pour la « SIESTE » et la nuit), que nous appellerons « bureau ». C’est, parait-il, très important pour la longévité du matériel informatique, électronique et du papier ,…et du vin ! ( qui se garde mieux dans ces conditions). Donc, un bureau que Dominique montera demain, de l’outillage, un escabeau (moitié moins cher qu’ici), des produits d’entretien, des draps et serviettes de toilette, certains produits d’épicerie que nous ne trouvons pas ici (persil, certaines épices, certaines salades, viande un peu moins chère… A St Laurent, le steack est à 35€ le kilo !), de la papeterie (nous avons acheté la dernière ramette de papier machine de St Laurent hier, des cartouches de réserve pour l’imprimante (il leur faut parfois 3 semaines pour être réapprovisionné, donc c’est très conseillé d’avoir toujours un peu d’avance pour certaines choses. Le principe, ici, est d’acheter ce qu’il y a, quand il y en a, sans se poser de questions…)
Nous allons aussi chez un grossiste Hellet packard car mon ordinateur a des faiblesses, je suis très inquiète. Il semblerait que c’est le cordon d’alimentation qui a des faiblesses. Que deviendrais-je sans ordinateur ? Ils vont très gentiment me commander la pièce et me la faire livrer par la boutique « Orange » de St Laurent qui s’approvisionne chez eux.
Je conduis pour revenir, histoire d’essayer « Titine ». Dominique, comme cela, peut faire « sa » sieste, très vite adoptée ici. Par moi aussi, d’ailleurs. Nous déposons la salade qu’elle nous avait demandé d’acheter pour elle chez Jasmina, nous récupérons la « LiveBox » et nos identifiants à la boutique « Orange » et rentrons chez nous vers 18h pour décharger nos affaires. Dîner de steack/épinard/fruits et au lit à 21h30.
Jean Luc, mon collègue, nous a téléphoné, désolé, pour remettre notre ballade en canoë au dimanche suivant. A vrai dire, ce n’est pas plus mal, car nous avons encore beaucoup à faire à la maison ce WE.
 
Samedi 30 septembre.
Quelle bonne nuit ! Pas d’aboiements de chiens avant 6h30, une clim super car Dominique avait réglé l’orientation des ailettes intérieures, sur les conseils d’une commerçante de Cayenne avec qui j’étais restée bavarder hier, c’est l’aube qui nous a réveillé. Il est grand temps de se lever car ce matin, il y a la femme de ménage et le jardinier qui arrivent à 7h et 7h30.
« Saintila » vient depuis plusieurs années dans cette maison et a vraiment besoin de travailler : elle est Haïtienne et a 8 enfants. Elle est très sympa et nous apprend plein de choses pratiques. Elle nous aidé à  préparer notre premier jus de Maracuja, à notre retour du marché. Elle nous apprend quelques rudiments de cuisine et nous familiarise avec les précautions à prendre concernant la maison par rapport aux fourmis et aux cafards ( ne pas laisser traîner la moindre miette de nourriture, la moindre goutte de jus de fruit, le moindre grain de sucre…), à l’humidité ( mettre la maximum de choses au frigo : sel, sucre, légumes, fruits, farine…) et la chaleur. Moyennant quoi, il n’y a vraiment aucun problème. Le serpent, qui s’avère être, d’après elle et « Leroi », le jardinier, un serpent liane, non dangereux, semble être parti élire domicile ailleurs. Ils nous donnent quand même la marche à suivre ( grésil et pneu !!) pour l’éloigner de notre maison. En fait, je n’y pensais presque plus.
« Leroi », donc, a une situation encore plus précaire. Il est, je crois, Bushi Nengué (noir). En plus, son aide est très précieuse. Le jardin est une vraie forêt vierge et demande beaucoup de petit et de gros entretien. Il nous gardera également la maison, la nuit, si nous devons nous absenter ou même seulement siDominique doit s'absenter car je serai ainsi plus rassurée. Il se charge aussi, avec un copain qui a une voiture, d’évacuer les déchets de jardin, toujours très abondants, vu l’incroyable exubérance de la végétation.
Ils ne parlent pas bien le français tous les deux et c’est parfois difficile de les comprendre. Nous avons acheté, hier, un guide de conversation français/créole et on va s’y mettre, d’autant plus que cela s’avèrera indispensable pour un bon contact avec mes patients.
Parmi nos achats de ce matin, nous noterons un pistolet à balles plastiques.
Ce midi, nous mangeons de la papaye verte à la rémoulade (il faut bien étrenner le robot), du « jamais goûté » (poisson à la chair bien ferme, très bon), des bananes légumes et des "haricots kilomètres", sorte de haricots verts d’un mètre de long, délicieux et pour finir, du sorbet citron vert et cassis.
Ensuite…sieste de 20 à 30 mn à température métropolitaine, non, en fait à 27° car en dessous, on a froid maintenant ! C’est vrai, ce n’est pas pour vous charrier. Oh !, une bonne averse qui fait descendre le thermomètre de 33 à 30°, elle est la bienvenue ! A+
 
Dimanche 01 octobre,
Nuit tranquille.
Mon « Ordi » marche de moins en moins bien…panique…il me faut tenir le fil du cordon d’alimentation d’une main et écrire de l’autre, pas top !
Nous avons décidé de partir à la découverte du coin en explorant la moindre route et la moindre piste vers St Jean du maroni. Cela nous amène au village « St Louis » où se trouve le club de Rugby, la maison de notre « Maire-Ministre » : pas mal du tout mais très « kitch ! Puis nous arrivons dans le village
« Terre rouge » où nous découvrons un « degrad » (digue, petite plage, accès…) qui permet de se baigner dans le Maroni . Il y a d’ailleurs une famille de métro qui en profite. Il parait qu’il y a des périodes où l’eau est « presque » claire. Nous découvrons ensuite le village amérindien « Espérance » où nous faisons la connaissance d’une famille de pécheur ; le grand père, le père : Macintosh et le gendre: Alima Roy qui reviennent avec une belle pêche d’Acoupas (poisson très coté ici). Nous bavardons un peu et ils sont d’accord pour nous emmener avec eux demain matin car c’est la bonne période : horaire de marée adéquat à 6h le matin, bons cœfficients… malheureusement, Dominique commence à travailler demain donc nous leur donnons notre numéro de téléphone et il est convenu qu’ils nous appelleront dès que cela redeviendra possible un samedi ou un dimanche matin. Nous espérons vraiment qu’ils le feront.
 
Nous nous engageons ensuite sur une piste longue de 15kms environ, qui traverse la campagne (il y a deux fermes), la forêt, une carrière, quelques maisons dispersées…rien de spécial.
A St Jean, le resto est fermé car ils ont fait un « super-couscous » hier soir qui a duré jusqu’à 6h du matin. Mais nous y retrouvons Patrick et Maryvonne, nos bretons, qui nous présentent au patron et à ses amis. Nous serons de la prochaine fête, dans un mois pour une « super-paëlla » !
Nous nous rabattons sur le « Tipik Créole » de St Laurent pour un colombo de porc, du ragoût d’Agouti et des crèmes coco.
Petite sieste, bricolage, rangement, jardinage…Nous ne voyons pas le temps passer… Demain, le boulot…
 
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